Archive for mai 30th, 2010

Swing moderne : rempart, parking, fortin et rançon

Dimanche, mai 30th, 2010

Semaine 21/ mai 2010

Samedi
Dans le magnifique parc de Maison Blanche (merci aux négociants du XIX ème siècle qui ont planté tous ces arbres) le deuxième Festival des Arts éphémères  est l’occasion de voir des oeuvres de qualités très inégales. Glissons sur les travaux d’élèves des cours du soir, sympathiques et parfois chaleureux, toutes choses qui sont des qualités humaines mais presque jamais artistiques. Il y a autre chose à voir. Comme ce mur de terre de Caroline Le Méhauté   qui s’appelle “S’extraire (négociation 25)” une ligne de pelouse qui monte vers le ciel, telle une pulsion du vivant exprimant une saillie ironique : y a-t-il un gardien au rempart de la réalité ?
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Juste en face le “Sotomayor/Powell” de Gilles Desplanques   est la matérialisation de deux exploits humains : les records du monde de saut en hauteur ( Sotomayor 2,45m ) et de saut en longueur ( Powell 8,95 m ) qui sont très impressionnants quand on les mesure à l’aune d’un décor domestique.

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Sur le lac, le pont de carton sur kayaks d’Olivier Grossetête  tire doucement sur ses amarres, dans l’espoir qu’un gabian le choisisse comme perchoir. Il a un faux air de chinoiserie façon Giverny et j’ai surpris Sylvie Reno   -éminente spécialiste du carton- en train de photographier l’oeuvre de son jeune confrère.
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Dimanche
Deux économistes de l’Université de Zurich,  Bruno S. Frey et Lasse Steiner, viennent de proposer -sans rire du tout- une nouvelle tarification des musées : le paiement du billet à la sortie en fonction du temps passé. Ainsi plus le visiteur passe de temps dans le musée, plus le prix de la visite sera élevé. Quelqu’un, à l’Université de Zurich, peut-il tenter d’expliquer à M.M. Frey et Steiner la différence entre un musée et un parking ?

Lundi
Seule cette image floue peut convenir pour illustrer “Rencontre…” d’Aurélien Menu ( Expo Documents sonores, Galerie Montgrand )  où l’on entend sortir de ce vieux poste de radio, comme un hoquet de délire, un cocktail trouble mêlant la voix d’Hitler et celles des Tex Avery de l’époque.
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Mardi
Selon Associated Press  Quatre pilleurs de tombes anciennes viennent d’être condamnés à mort en Chine. Le pillage concerne une douzaine de tombes, de plus de 2500 ans, près de la capitale de la province centrale du Hunan et le vol de plus de 200 objets anciens dont onze bénéficiaient de la plus haute protection de l’Etat,

Mercredi
C’est une table dont un coin est transformé en fortin de défense dialectique. Cette oeuvre de Stéphanie Nava  ( expo La clarté du labyrinthe  Galerie Art Cade )   s’appelle “Redoutable” Le fortin est donc plus exactement une redoute. Voltaire a écrit : ” Les gazetiers ont traduit le mot ridotto par redoute, qui signifie une espèce de fortification ; mais un homme qui sait la langue conservera toujours le mot d’assemblée ” Il s’agit donc de parler, une des fonctions essentielles de la table. La redoute sert ici à protéger des regards une série de petits cartons anti-sèches porteurs d’armes dialectiques, utiles à la conversation, comme : argument philosophique, esthétique, fallacieux, géopolitique, sexuel, botanique, sociologique, historique ou mathématique.

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Jeudi
Aujourd’hui petite fête organisée par Bernard Plasse et Roberto Comini en pré-ouverture de leur nouvel espace qui s’appellera justement Aujourd’hui. C’était une sorte d’expo sauvage des objets trouvés sur les lieux en arrivant. Suis tombé en arrêt, façon braque sans majuscule, devant ce ready-made dont j’ai décidé qu’il pouvait être de Jeff Koons,  période électroménager (the new) du début des années 80. Mais comme c’est moi qui l’ai décidé, il est de moi.
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Vendredi
A la suite du vol de cinq toiles, dans la nuit du mercredi 19 au jeudi 20 mai 2010, au Musée d’art moderne de la ville de Paris, celui-ci est fermé jusqu’à nouvel ordre. L’hypothèse à l’ordre du jour serait de graves failles dans les systèmes de sécurité et d’alarme. Certains spécialistes soulignent même que les fenêtres du musée ne sont pas munies de système anti-intrusion. Les toiles volées sont : “Pigeon aux petits pois”de Pablo Picasso,  “La pastorale” d’Henri Matisse, “L’olivier près de l’Estaque” de Georges Braque, “Nature morte, chandeliers”de Fernand Léger et “La femme à l’éventail” d’Amedeo Modigliani. La valeur totale de l’ensemble est estimée à environ 100 millions d’euros. La notoriété et les référencements de ces toiles empêchent leur vente, le plus probable de la suite des événements est la demande de rançon, sans doute auprès des compagnies d’assurances.

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