Archive for juin 20th, 2010

Une fête, une arche, de la mémoire et un chaos

Dimanche, juin 20th, 2010

Semaine 24/ juin 2010

Samedi
Ce soir grande fête chez mes amis Danielle et Maurice. Une demie douzaine d’artistes, des psy., des enseignants, des fonctionnaires, deux producteurs TV et pas mal de gens que je ne connais pas. Tout près du buffet, entre les aubergines farcies et la salade de poulpe ( délicieux de concert) je suis agrippé avec insistance par cette peinture de gravide blancheur. Elle est de Danielle Jameux . L’abondance de champagne ingéré ne suffit pas à me cacher l’ombre qu’elle porte dans sa cape de flocons.
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Dimanche
Comme les éleveurs d’escargots, l’histoire a parfois le hoquet. De Budapest Davidope,  directeur artistique de l’atelier de design Voll,  balance sur la toile des visuels en noir et blanc avec moirages, scintillements et illusions perceptives, qui rappellent furieusement l’op art de 1965 (Bridget Riley, Morellet, Kelly, Libermann etc…) et, bien avant, les Rotatives de Marcel Duchamp, en 1920.
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Lundi
Selon A.P.  une relique sortie de la réserve du musée d’Harare, au Zimbabwe soulève les passions en Afrique de l’Est : s’agit-il d’un pur produit de la culture africaine ou d’une réplique de l’Arche d’Alliance qui contenait les tables de la loi ? L’objet, âgé de 700 ans, est une sorte de  récipient de bois mesurant 1,14 m sur 0,61m, pour une hauteur de 0,68 m et portant des motifs gravés à l’extérieur. Un chercheur Britannique, Tudor Parfitt,  professeur d’études juives modernes à l’Université de Londres, affirme que cet objet pourrait être une réplique de l’Arche d’Alliance, transportée hors de Judée, à l’époque biblique par les waLemba, groupe ethnique africain dont 52 % des individus sont porteurs d’un chromosome CMH (Cohen Modal Haplotype) qui les relieraient à d’anciennes communautés juives.
L’autre théorie, soutenue par l’historien zimbabwéen Rob Burrett affirme qu’il s’agit d’une relique purement africaine, fabriquée par des artisans waLemba pour les membres d’une famille royale afin de leur donner des pouvoirs magiques. En shona, une langue du Zimbabwe, cet objet est appelé “Ngoma Lungundu“, le “tambour qui gronde“, alors qu’en waLemba, on le nomme “la voix de Dieu“. Pour Rob Burrett les tambours en bois, tambours de cérémonie et  tambours de guerre, ont toujours eu de grands pouvoirs similaires à ceux attribués à l’Arche et ils font partie intégrante de la culture africaine. M. Burrett souligne aussi que des marchands arabes et juifs de passage pourraient avoir laissé leur empreinte génétique dans la population locale.  Des traditionnalistes africains estiment que le Ngoma était un tambour si puissant qu’il a explosé et qu’un nouveau a été réalisé à partir du bois original il y a 700 ans. Une analyse au carbone 14 d’un morceau du haut de l’artefact a d’ailleurs été daté d’environ 1.300 av. JC.

Mardi
L’exposition Déchets salés ( Galerie Montgrand ) est une suite de variations autour de la pollution en Méditerranée par les macro-déchets et les micro-particules en plastique. Deux enseignants de l’ESBAM ont fait plancher leurs étudiants dans le cadre d’un atelier de recherche et de création autour du sujet. Je ne suis pas sûr que tout ça soit une bonne idée ( l’art doit-il se préoccuper des conséquences plutôt que des causes ? sujet du bac)  mais parmi la dizaine de réponses je choisis ce Plastique électrique de Julie Boutin, une installation à la fois gracieuse et troublante. Montrer que l’on peut produire de la beauté avec le déchet c’est conter fleurette au paradoxe, c’est un peu comme affirmer, avec Valéry : “Ce qu’il y a de plus profond dans l’homme c’est la peau

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Julie Boutin. Plastique électrique. 2,88 x 3,51 x 2,50 m. 2010

Mercredi
Le musée Guggenheim   de New-York vient de s’associer au service en ligne Youtube pour lancer Youtube Play projet destiné à trouver de nouveaux talents dans l’art video. Tout le monde peut participer. Les vidéos ne doivent pas dépasser dix minutes et la date limite de soumission est le 31 juillet. Les 20 meilleures vidéos sélectionnées en octobre prochain feront l’objet d’une exposition au musée de New York, puis à Berlin, Bilbao et Venise.

Jeudi
Vive les restaurateurs d’art ! Selon le Figaro  la preuve formelle que “L’homme au gant” du musée Fesch d’Ajaccio est bien de Titien vient d’être apportée. Ceci grâce à un restaurateur d’oeuvres d’art : Jean-Pascal Viala qui a découvert la marque h.quin sous la traverse du chassis. Le restaurateur sait qu’il s’agit de la marque d’un de ses prédécesseurs au XVIII ème : le rentoileur François-Toussaint Hacquin. L’homme en parle au conservateur du musée Fesch et le rapprochement est établi. En effet Hacquin a écrit un mémoire qui est le plus ancien document valable où est décrit précisément L’Homme au gant. Mais le mystère demeure quand à l’identité du modèle, ce qui est souvent le cas pour les oeuvres de Titien qui, pendant longtemps, ne fut pas un peintre de cour.

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Titien. L’homme au gant. Musée Fesch Ajaccio.

Vendredi
Ce soir performance d’Adrien Porcu  pour le vernissage de l’exposition “Comment construire un monde qui ne s’écroule pas en deux jours” qu’il partage avec Matthieu Montchamp à la galerie Château de Servières . Porcu a attaqué à la masse une paroi du cube blanc pour ouvrir, dans le chaos, un espace de chaos où voisinent barreaux de prison, carte de l’Europe griffée, matelas disséqué, vidéo, cercueil botanique, débris VHS et radiographies médicales, machinerie improbable, draperie théâtrale et pendus par les pieds. Des installations qui portent comme titre “Je ne suis pas là pour parler de toi” ou “Le temps est une hypothèse, existe !” Une sorte de face cachée venimeuse du cube blanc immaculé.

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