Situations et pézizes
Dimanche, octobre 31st, 2010Semaine 43 /octobre 2010
Samedi
Les images de Sylvie Tubiana (Galerie du Tableau) se planquent dans des boîtiers de lampes de poches. Le fait qu’elles soient, pour moi, impossibles à photographier démontre une fois de plus qu’il faut voir directement avec les yeux et que le mot écran signifie aussi qui dissimule. En cherchant dix secondes dans la galerie je trouve un livre qui délivre ce haïku éclairant :
Trouvez-la
entre lumière et ombre
ma silhouette
Dimanche
C’est le moment d’aller chasser la pézize orangée (Aleuria aurantia) sur sol découvert, dans les clairières et les talus. Ce beau champignon rouge orangé vif est à manger cru, en dessert, simplement arrosé de sucre et de kirsch.
Lundi
Le groupe Berlinois IEPE a transformé l’asphalte de la Rosenthaler Platz en joyeux barbouillage coloré. On s’en doutait mais on en a la preuve visuelle : les vélos (utilisés par le groupe) laissent des traces beaucoup plus fines et esthétiques que celle des autos. Bien évidemment tout est resté très politiquement correct : la peinture utilisée est biodégradable.

Mardi
Grève.
Image trouvée sur le site du Conseil National de la Résistance

Mercredi
L’expo de Jean-Léon Gérome au Musée d’Orsay est l’occasion de revoir des oeuvres qui connurent un énorme succès international dans la deuxième moitié du XIXème siècle et rapportèrent énormément d’argent à l’artiste. Gérome, à la suite de son maître Delaroche, fût un des premiers à généraliser la reproduction -et le commerce- de ses oeuvres sous forme de photos et de gravures. Il est un des inventeurs de l’image aliénante moderne (pathos, fiction, émotion, kitsch) et un des meilleurs supports pour les détournements situationnistes. Et comme aujourd’hui je ne peux pas résister…

Jean-Léon Gérôme (et JLM). Sortie du bal masqué (et entrée en situation)1858-2010
Jeudi
Selon The Guardian la police allemande vient de mettre la main sur un faussaire et ses deux complices qui ont réalisé une trentaine de faux tableaux (Fernand Leger, Max Ernst, Dufy) vendus aux enchères pour 34 millions d’euros ces dernières années. Christie’s et Lempertz figurent parmi les grandes maisons de vente qui ont été utilisées. L’astuce des faussaires consistait non à réaliser des copies mais à inventer des oeuvres prétendument mal connues servies par de jolies histoires d’héritages.
Vendredi
Depuis 2005 l’Etat français achète des oeuvres exposées à la Fiac, pour un budget annuel de 400 000 euros et par l’intermédiaire du Centre national des arts plastiques (CNAP). Cette année, vive la culture vivante, le budget a baissé de 50%. Résultat : budget de 200 000 euros pour huit oeuvres seulement.